La situation exceptionnelle que nous traversons offre une formidable occasion d’apprendre sur soi et sur ses proches. Nos réactions individuelles au confinement sont variées, allant pour certains jusqu’à des comportements incompréhensibles pour d’autres : remplir ses placards, aller se promener sur la plage à plusieurs, alors que les règles sociales (et sanitaires) du moment l’interdisent.

Je lis beaucoup de posts qualifiant ces comportements de criminels ou négligents, mais je crois qu’elles parlent surtout des peurs de chacun, et de la réponse trouvée par l’individu pour faire face à cette peur. Chacun cherche à préserver ce qui est précieux pour lui, en particulier lorsqu’il se sent menacé. Pour certains, ce sera le lien social, et la réponse immédiate (parce qu’habituelle) à ce besoin de se sentir en relation avec autrui peut être: aller se promener ensemble, voir du monde coûte que coûte, car le danger d’être seul semble plus grand que le risque de contaminer. Pour d’autres ce sera la sensation de sécurité qui primera, et qui peut se manifester dans une tentative de garder le contrôle en remplissant ses placards pour ne pas risquer de se trouver pris au dépourvu. Pour d’autres encore, ce même besoin de sécurité va se traduire par un respect scrupuleux des nouvelles règles en vigueur, renforçant par là même le sentiment d’appartenance à une société bien organisée et protectrice.

Protéger ce qui est précieux pour nous

Nos cadres de référence ont été brutalement bousculés, et juger et condamner ceux qui ont des réponses socialement non acceptables ne facilitera l’adaptation de personne. Chercher à quel(s) besoin(s) ces comportements répondent, et aider les personnes concernées à imaginer d’autres réponses possibles, avec bienveillance, permettra sans doute une transition plus aisée pour les personnes et le collectif. S’interroger soi-même sur ses propres comportements, aussi, qui peut-être se confrontent à ceux des personnes partageant notre foyer, et trouver ensemble des réponses créatives permettant de calmer nos peurs et protéger ce qui est précieux pour nous. De nombreuses propositions fleurissent sur les réseaux sociaux qui vont en ce sens.

Et peut-être, au-delà des interdits qui pour l’instant encadrent nos journées, allons-nous commencer à entrevoir tous les possibles que ce nouvel espace-temps peut nous ouvrir, et nous concentrer peu à peu non plus sur nos peurs, mais sur nos désirs? Remplacer les « je ne veux pas » (me sentir seul, m’ennuyer, être privé…) par des « je veux » (me sentir en lien avec mes proches, prendre soin de ma santé…)?

Et vous, que souhaitez-vous vivre durant cette période?

 

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